Critique du film-La cara oculta-Inside

(littéralement : la face cachée/le côté obscur)

film hispano-colombien d'Andrés Baiz, 2012

Genre : thriller, drame

Inutile de déconseiller le synopsis ou la bande-annonce qui gâchent totalement le suspense en livrant le cœur de l’intrigue. Une maladresse qui coûte cher puisque le spectateur perd tout l’intérêt qu’il devrait porter à la première partie.

En effet, la Cara oculta mêle deux points de vue différents pour raconter la même histoire. Le film se scinde donc en deux morceaux. La première partie est racontée à travers les yeux de Fabiana (Martina Garcia cf. l’affiche). La deuxième partie est livrée par un autre personnage qui nous donne la « clef » de ce  thriller (jeu de mots que l’on peut comprendre après le visionnage du film).

 

Il y a des portes que l’on ne devrait jamais ouvrir.

 

Adrian (Quim Gutiérrez) est un jeune chef d’orchestre qui est envoyé en Colombie pour un an afin d’y diriger le philharmonique de Bogota. Belén (Clara Lago), sa petite amie, décide de le suivre pour ne pas être séparée de lui. Ils emménagent dans une grande maison qu’ils louent à une veuve allemande, Emma (Alexandra Stewart) dont le défunt mari était un réfugié nazi.

Alors que la jeune-femme commence à avoir des doutes sur la fidélité d’Adrian, elle disparaît subitement. Les possibilités se multiplient donc : est-elle partie définitivement ? S’est-elle éloignée volontairement pour le mettre à l’épreuve ? Adrian a-t-il quelque chose à voir avec sa disparition ?

A-t-elle été victime d’une tierce personne ?  Son fiancé semble se remettre bien vite voire trop vite de son « départ ».

Il ne tarde pas à la remplacer par Fabiana, serveuse qu’il rencontre dans un bar. Celle-ci emménage alors dans ce gigantesque manoir où elle y découvre des phénomènes étranges. Elle y sent une présence presque paranormale. En parallèle, la police commence à s’intéresser de près à la disparition de Belén en suivant Adrian à la trace.

L’histoire originale et pleine de promesses propose un tourbillon des genres, en passant de l’enquête policière au drame romantique. Elle y frôle la science-fiction et laisse place à l’horreur. La deuxième partie lève le voile sur la vérité et le côté psychologique se révèle davantage. Le suspense monte en puissance à la toute fin pour nous servir un dénouement inattendu.

Ce film au grand potentiel laisse le spectateur sur sa faim. La vidéo déposée par Belén ou le conseil d’Emma sur la mise à l’épreuve de son couple gâche la surprise et réduit les possibilités de trame. Des erreurs de la part du réalisateur ? Pourquoi ne pas avoir tenu le public en haleine dès le départ en laissant planer le mystère sur la disparition de la protagoniste ? Pourquoi ne pas avoir intégré des prises de vue éclair de Belén sans dévoiler immédiatement où et dans quel état elle se trouvait ?

Pourquoi ne pas avoir développé une véritable enquête avec des arguments, des recherches ou des soupçons de preuves pour faire planer le doute sur la culpabilité d’Adrian ? La police fait figuration sans apporter de matière. Là où il aurait fallu creuser, rien ne se passe. Le policier intéressé par Fabiana n’obtient pas de rôle plus important. Il laisse juste deviner l’attention qu’il lui porte au cas où elle serait en danger.

Clara Lago se démarque du trio principal en apportant un peu d’humour macabre à son jeu dramatique.

 Après moult scènes érotiques, quelques petites frayeurs et des révélations sur la trahison amoureuse, le spectateur passe d’une action linéaire à une zone de turbulences. Le film est rythmé par une musique symphonique douce qui devient brusque au moment du final pour plus d’impact. Une fin cruelle aux répercussions psychologiques certaines nous laisse perplexes.

Paradoxalement, on comprend le parti pris du réalisateur. Il a choisi de mettre en avant la simplicité des personnages pour plus de vraisemblance tout au long du film au détriment d’artifices d’épouvante ou d’effets spéciaux. Comme pour nous dire : et si cela vous arrivait ? Dans la vie, aussi banale soit-elle, lorsqu’un problème surgit, il n’y a pas de miracles, ou juste soi pour le résoudre. Andrés Baiz nous abandonne, impuissants face au dénouement, là où le personnage devient spectateur de son propre scénario.

Claustrophobes, s’abstenir !

 M. D.

Je m'engage à retirer toute image ne m'appartenant pas à la demande de son auteur.

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