Caroline Vigneaux quitte la robe

Genre : spectacle-one woman show

vu en décembre 2014

Vigneaux

Caroline Vigneaux  quitte sa robe…d’avocate !  Changer de voie pour épouser une carrière d’humoriste, elle l’a osé pour le plus grand bonheur de nos zygomatiques.

Alors que le rideau n’est pas encore levé et que le public s’installe dans la salle du Palais des Glaces de Paris, on peut entendre sa voix en fond sonore chanter « Caroline » de MC Solaar qu’elle s’approprie le temps de passer la robe. Une ébauche de ses multiples talents qui promet de passer un bon moment.

Son parcours peu commun et semé d’embûches méritait bien un one woman show. Dès le lever du rideau, le public assiste à un spectacle animé de sa seule présence, et quelle présence ! Cette boule d’énergie embrasse la scène dès l’activation des projecteurs. Les  faisceaux de lumière se concentrent sur une belle jeune femme de dos, habitée par sa plaidoirie.  Puis elle se retourne pour nous faire face et dès lors, le sérieux laisse place à  un humour déchaîné qui ne nous laissera pas une minute de répit. Elle enchaîne des scénarios où elle revient sur son ancienne vie au barreau et sur son envie viscérale de devenir humoriste. Jusqu’au jour où elle plaque tout pour réaliser son rêve.

« Sur cent accusés ? Un innocent… » ou encore le commentaire d’une personne qu’elle a réussi à acquitter en croyant dur comme fer à son innocence : « On a gagné ! Merci, merci…Je vous promets que je ne recommencerai plus ». Des remarques drôles qui décrivent sans doute une désillusion du métier tant rêvé durant ses études.

Criantes de vérité ou puisées dans des stéréotypes, ses anecdotes sont inspirées de son histoire.  Elle met en scène divers personnages : elle-même en commise d’office face à des clients, situation qu’elle rend irrésistible en la comparant à un speed-dating.

« Pourquoi l’avez-vous tuée avant de la violer ? (elle fait mine de répéter la réponse de son interlocuteur) Pour ne pas la traumatiser ? » Fou rire garanti.

Elle se transforme en séductrice  qui succombe au charme de Roméo, accusé d’avoir assassiné sa femme, et fait participer le public en « nommant d’office » un homme du premier rang : le « cuicui » de la soirée qui aura droit à quelques remarques et à une vue plongeante sur ses jeux de jambes.

Elle n’hésite pas à casser son image de femme fatale en passant au numéro de banlieusard lourd, bourré de mimiques déplaisantes et qu’elle n’a d’autre choix que de représenter à la barre : « C’est toi l’avocate ? Comment t’es trop bonne ! Comment je vais te péter ton petit cul ! »

Agents de police, employée chez Pôle emploi, actrice de publicité, personnage lifté, rugbyman, directrice de cabinet, bonne sœur en pleine chorale…Tout le monde en prend pour son grade pour illustrer les différentes étapes de son parcours sentimental, social et professionnel, le tout enrobé d’hyperboles cocasses. Sans compter les nombreux clins d’œil à son enfance, à son éducation et à sa mère hostile à ce nouveau tournant dans sa vie. Elle n’hésite pas  à  aller au bout des personnages incarnés en s’attaquant à une large palette d’expressions scéniques (jeux de langue, chants d’église, rap, slam…).

Entre deux rôles hilarants, la personne semble dépasser le personnage pour un tête-à-tête qui prend des allures de confidences avec le public.

Une capacité rare d’improvisation et de dialogue direct avec les spectateurs la laisse dépasser un peu l’horaire prévu. On sort de la salle en ayant l’impression d’avoir échangé avec une copine vosgienne déjantée autour d’un verre (ou d’un thermos de thé*). La gratitude envers les gens qui viennent la voir est un sentiment bien présent et c’est avec une grande chaleur qu’elle nous invite à venir la revoir à l’Olympia où elle a obtenu des dates prochainement.

Entre espoirs et déceptions, elle a eu le courage de tout quitter et fait passer un message plein de sens : croyez en vous, vivez vos rêves !

Caro, l’as de trèfle qui « pique » le cœur d’un public conquis.

 

*situation d’une spectatrice remarquée parce que détentrice d’un thermos au premier rang

  M. D.

 

Je m'engage à retirer toute image à la demande de son propriétaire.

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