holgyème

Suppression de Diane 35, mesure légitime ou pression médiatique ?

Depuis le débat mettant en cause les risques des pilules de troisième génération sur la santé, une nouvelle attaque médiatique déchaîne la chronique. L’étau s’est récemment resserré sur un médicament en particulier : Diane 35, qui aurait causé la mort de quatre personnes ces deux dernières décennies.

Diane 35, une nouvelle affaire Médiator ou un affolement excessif ?

Quelle identité pour Diane 35 ?

Pilule de troisième génération, direz-vous ? Que nenni.

Médicament dit « hors génération »  et anti-acnéique, il a souvent été prescrit en complément de traitement pour ses effets contraceptifs secondaires, telle une pilule classique. Hélas, certains médecins n’auraient pas informé leurs patientes quant à sa nature exacte. L’ANSM se défend d’avoir lésé les patientes en précisant que Diane 35 n’a jamais été destinée à être enregistrée en tant que pilule mais que les indications de sa nature n’ont pas été respectées au sein des services publics. Les médecins avaient l’obligation de spécifier qu’une fois l’efficacité du traitement constatée, son arrêt devait être prononcé. En effet, la prise de Diane 35 n’est pas conseillée sur le long terme. Selon l’ANSM, toutes ces informations figurent sur la notice.

En 20 ans, 120 cas de complications thrombo-veineuses ont été répertoriés. Néanmoins, pour la plupart, leur lien avec Diane 35 n’a pas toujours été prouvé. Aujourd’hui, Diane 35 est pointée du doigt comme présentant 4 fois plus de risques pour la santé qu’une pilule deuxième génération. La pilule troisième génération présenterait 2 fois plus de risques que la pilule classique.

 

Diane 35 supprimée après une lourde pression médiatique

Après de lourds débats sur les effets de la pilule troisième génération ayant entraîné son déremboursement à partir de mars 2013, voici que Diane 35 est ni plus ni moins supprimée.

Le débat porte-t-il sur le flou de l’identité du médicament ayant entraîné des prescriptions excessives et des grossesses non désirées par manque d’information ?  L’effet contraceptif n’aurait d’effet qu’à 80% par rapport à une pilule. Porte-t-il plutôt sur de vrais risques pour la santé ? Dans ces cas-là, pourquoi l’ANSM prend-elle des mesures si tardives ?

Les opinions sont mitigées. Quand certains médecins préconisent soudain tout arrêt de prescription par précaution, d’autres expliquent que si les patientes utilisent Diane 35 ou ses génériques depuis de nombreuses années sans la moindre complication alors elles peuvent continuer leur traitement.

Diane 35, suivie de ses génériques comme Holgyème, est commercialisée depuis 1987 en France et dans 116 autres pays. En France, 300 000 femmes prennent ce médicament régulièrement. 4 décès ont été répertoriés en 20 ans. Mais les personnes concernées auraient subi des complications  dues à leur état de santé initial, incompatible avec la prise de ce traitement. Or, un suivi régulier du patient aurait dû prévenir les dangers.

 

La diabolisation de la pilule et des médicaments en France

Faut-il faire du cas par cas ?

La suppression de Diane 35 n’entraîne-t-elle pas d’autres effets ? Diabolisation de la pilule ou confiance amoindrie envers le système de santé, difficultés à s’adapter à un autre type de contraception…La liste peut devenir longue. Les adultes acnéiques sont laissées pour compte. En effet, les femmes prenant ce traitement depuis de nombreuses années sont généralement des patientes n’ayant pas supporté les pilules de deuxième génération ou ayant souffert d’une acné sévère. Lorsque la pilule troisième génération est diabolisée, que reste-t-il comme solution pour ces femmes ?

En attendant la suppression de Diane 35 d’ici quelques mois, il est conseillé de ne pas stopper le traitement avant de consulter son médecin pour qu’un autre type de contraceptif soit prescrit.

M. D.

 

Voir aussi Diane 35 illustrée

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