danger

L’huile de palme : dangereuse pour la santé ?

 

 Depuis quelques années déjà, la guerre contre l’huile de palme est déclarée. Sa mauvaise réputation n’est plus à faire. Dite nocive pour la santé lorsque consommée régulièrement, on pourrait croire que les industriels auraient fini par la troquer contre des produits plus sains. Pourtant, il vous suffit de prêter attention aux étiquettes des emballages de supermarché pour vous rendre compte qu’elle est encore loin d’avoir disparu.

Quelles en sont les raisons ? Comment la reconnaître et doit-on la bannir de nos caddies ?

L’huile la plus consommée au monde : de l’or pour l’industrie, des interrogations pour les autres

   Yves Daudigny, sénateur de l’Aisne, dénonce les effets de l’huile de palme. A cause de sa forte teneur en acides gras saturés (qui bouchent les artères), elle serait à l’origine de risques cardio-vasculaires, d’augmentation du cholestérol sur le long terme.

Celui dont on entend parler pour son « amendement nutella » a proposé d’augmenter la taxe de l’huile de palme de 300% afin de pousser les industriels agro-alimentaires à s’en détourner. Car en plus d’être mauvaise pour la santé, son exploitation aurait de graves conséquences : déforestation en Asie et en Afrique due au remplacement des arbres fruitiers par des palmiers. Sans parler de la disparition de certaines espèces animales, privées de leur habitat naturel.

   Selon un reportage récent sur l’Indonésie, les agriculteurs cultivant les palmiers utiliseraient des désherbants dangereux et interdits dans la plupart des pays d’Europe : le paraquat  parmi d’autres. Cet herbicide favoriserait le développement de la maladie de Parkinson. La vie des personnes exposées quotidiennement à ces produits toxiques serait donc mise en danger. Les agriculteurs travailleraient sans protection (ni gants ni masques obligatoires). Oui, mais voilà,  l’huile de palme coûte moins cher que les autres et toutes les marques ne sont pas près de changer des recettes qui fonctionnent si bien ! Ce gras qui procure du goût et une onctuosité particulière pousse à l’achat, alors pourquoi se gêner ? Rendement garanti ! De plus, la culture du palmier offre des milliers d’emplois dans les pays dits en développement. Autant dire que les conséquences sur la santé représentent peu face à un système ancré et bien huilé !

 L’idée de production durable par le RSPO (Roundtable on Sustainable Palm Oil), littéralement « la table ronde pour une huile de palme durable », est fortement critiquée par les ONG (Organisations Non Gouvernementales) qui voient dans ces actions un allègement de conscience. Le RSPO souhaite prendre le problème à sa source : protéger des forêts en Asie et en Afrique, lutter contre la corruption et le travail forcé, réduire les gaz à effet de serre en lien avec les plantations…Différentes mesures qui permettent néanmoins de continuer la culture des palmiers en toute tranquillité.

Un produit présent en masse dans les aliments transformés

 Aucun chiffre n’a été officiellement établi pour appuyer la thèse de la « dangerosité » de cette graisse pour la santé. Il n’en demeure pas moins qu’on la retrouve dans beaucoup de rayons et qu’une prise de conscience naît. Saviez-vous qu’un produit sur dix en contiendrait ? Nous ignorons ce que nous achetons la plupart du temps ! Et en pensant manger varié, nous consommons les mêmes produits chimiques et industriels. Quand il ne s’agit pas du gras, c’est trop de sel, trop de sucre ajoutés à notre insu pour assurer du goût. Bref, la confiance n’est plus là. Alors pour ceux qui ne voudraient prendre aucun risque ou juste diminuer leur consommation de gras, voici quelques informations qui vous y aideront.

Il n’est pas si aisé de sélectionner nos aliments ! Cette graisse est souvent masquée par des appellations du type « matière grasse végétale », « huile végétale hydrogénée », additifs tels que  E160, E304, E431 et j’en passe…Sachez qu’il s’agit bel et bien d’huile de palme*.

Contrairement aux idées reçues, elle n’est pas présente que dans certaines gammes de plats préparés mais se cache un peu partout : majorité des viennoiseries de supermarchés (même des marques), soupes en sachets, boîtes comme les sardines ou les raviolis tout faits, pommes de terre surgelées, gâteaux en tous genres, biscottes, chips, boissons préparées comme le chocolat en poudre…Le gras saturé est partout. Inutile d’ajouter que nos enfants en consomment en masse. Cela signifierait que nous en ingérons plus qu’il n’en faut sans nous en rendre forcément compte.

Certaines entreprises ont pris l’initiative d’indiquer sur les emballages « sans huile de palme ». Voilà de quoi vous rassurer un peu ? De la publicité positive apparaît sur tous les paquets en faveur des graisses insaturées essentielles comme l’huile de colza, l’huile d’olive ou l’huile de noix qui contiennent des Oméga. Et lorsque vous n’avez pas trop le choix, l’huile de tournesol peut faire l’affaire car elle contient de la vitamine E. Leurs vertus sont conservées chauffées à basse température. Un bémol cependant par rapport aux aliments tout prêts : les industriels transformeraient toutes ces huiles insaturées en acides gras saturés  par le procédé de l’hydrogénation ce qui annulerait les vertus citées ci-dessus.

En bref, si vous souhaitez surveiller le contenu de vos assiettes, mieux vaut encore changer vos habitudes alimentaires et vous mettre à cuisiner des aliments non modifiés ! Vous l’aurez compris, pour ne plus vous poser de questions, sélectionnez vous-même l’huile que vous mettrez sur le feu ! Et à feu doux, à bon entendeur…

 A vos fourneaux !

 M. D.

                            

*Voici le lien du blog d’un thésard en chimie qui récapitule toutes les appellations permettant de reconnaître la présence d’huile de palme dans les aliments :

http://vivresanshuiledepalme.blogspot.fr/p/lhuile-de-palme-se-cache-sous-ces-noms.html

 

×