culpabilité

Manger sans culpabiliser

Dossier Noël

Les fêtes de fin d’année arrivent à grands pas ! Cotillons, cadeaux et invitations ont été anticipés pour passer un bon moment. Malgré tout, un détail vous obsède : la peur des excès et une prise de poids pour démarrer la nouvelle année. Et si vous suiviez quelques conseils pour passer noël en toute sérénité ?

Foie gras, saumon, petits fours ou bûche seront au rendez-vous. Les enfants comptent les jours les séparant de leur rendez-vous au pied du sapin. Ils savourent les chocolats du calendrier de l’Avent pendant que vous montez anxieusement sur la balance. Et  vous vous demandez de quelle manière vous allez bien pouvoir éviter le cadeau empoisonné de décembre : les kilos en trop.

Alim038Et s’il n’était plus question de se priver ?

Plus vous vous torturerez l’esprit et vous imposerez des privations, plus vous risquerez l’inévitable. Vous interdire des aliments trop gras et trop sucrés vous amènera à ne pas profiter des fêtes.  Votre palais sera ôté des saveurs attendues toute l’année. Vous regarderez les autres déguster des mets que vous adorez sans pouvoir participer. « Je mangerai avec les yeux et je ne prendrai pas un gramme. Je serai alors fier de moi car ma volonté aura été la plus forte », pensez-vous. En êtes-vous bien sûr ?

Martine, 42 ans, raisonnait de cette manière l’année dernière. Alors qu’elle réveillonnait en famille, elle avait décidé de proposer un menu traditionnel à ses invités mais en établissant des règles. Elle éviterait les petits fours, les escargots trop riches à son goût et le foie gras. Rien de plus facile, pensait-elle !Résultat des courses : elle a passé la soirée à détailler ce qu’elle mettait dans son assiette, a refusé de céder à l’alcool et aux friandises. Elle a regardé les autres se délecter et échanger sur la qualité des plats. Et elle a écouté la même rengaine la mettre mal à l’aise à base de « Bah quoi, tu es encore au régime ? » Au lieu de garder un bon souvenir du réveillon, minuit a sonné comme un mauvais rendez-vous. Et les huîtres lui ont laissé un goût amer. La suite, la voici : elle s’est rattrapée quelque temps plus tard sur la première boîte de chocolats venue. Au lieu de n’en déguster que quelques-uns, elle a noyé sa frustration en dévorant tout son contenu. Un cliché, direz-vous ? Et pourtant pas si irréaliste que ça.

Et si la diète n’était pas la solution ?

Ecouter son corps. Il sait ce dont il a besoin.

La nourriture peut être votre alliée toute l’année. Pourquoi vous en vouloir d’aimer manger ? En tant qu’omnivores, nous avons besoin de repas variés, de graisses insaturées (qui ne bouchent pas les artères), de protéines, de sel et même de sucre : ces petits que l’on diabolise. Le corps, qui en a besoin, les demande. Par exemple, si vous mangez des frites pendant cinq jours, vous en serez dégoûté et aurez besoin de manger d'autres aliments aux qualités nutritives différentes. Le tout est de savoir trouver le bon dosage des nutriments. Lorsque vous décidez de supprimer des éléments de votre alimentation et de privilégier ceux qui sont réputés ne pas vous faire grossir, comme les légumes, vous risquez d’avoir des carences à long terme d’un point de vue physique. Du point de vue psychologique, la lutte acharnée contre les kilos vous prive du plaisir de manger. Or, ce plaisir est indissociable du bien-être.

  Rz 93Accepter de manger de tout en quantités raisonnables.

Ces quantités sont propres à chacun car nous avons tous des besoins et une digestion des calories bien différents. Apprendre à connaître son corps est donc primordial. En effet, l’un ne prendra pas de poids en mangeant une part de gâteau quand le second prendra quelques grammes.

Estelle, 29 ans,  témoigne : « Je redoutais les fêtes tous les ans. J’avais fait l’effort de suivre des régimes pendant des mois et tout était réduit à néant dès le réveillon. Soit je me lâchais en profitant de tout avec excès, comme pour compenser ma frustration de mes retenues précédentes, soit je refusais tout ce qu’on me mettait sous les yeux et mon hôte était vexé. Dans les deux cas, je ne réagissais pas de la bonne façon parce que j’étais toujours située dans les deux cas extrêmes. J’ai alors fait un travail sur moi-même en prenant exemple sur les personnes régulées. Elles mangeaient de tout sans forcément grossir. J’ai réalisé qu’elles ne se jetaient pas sur la nourriture mais qu’elles ne se privaient pas non plus. J’ai ainsi appris à faire la différence entre mes sensations de faim et la gourmandise. Par exemple, après manger, si on me proposait un gâteau, j’avais envie de le manger parce qu’il me tentait et que j’en raffolais. Mais en réalité, j’étais repue. J’ai donc accepté le gâteau mais je ne l’ai pas mangé tout de suite. J’ai attendu que ma faim revienne.

C’est plus complexe qu’il n’y paraît. Il faut regarder ce qu’on mange sur plusieurs jours. De mon côté, je me suis rendu compte que je mangeais beaucoup de sucreries n’importe quand dans la journée. Sur quatre jours, j’avais privilégié les féculents. Les semaines de stress et de fatigue après le boulot, je faisais des plats préparés. Au bout du compte, ce que je mangeais n’était pas varié. Pareil en période de régimes. En me privant de tout et en cuisinant des plats qui ne me donnaient pas envie comme les légumes, regarder les autres manger ce que j’aimais me torturait. Au bout d’un moment, je craquais sur une barre de chocolat, puis sur une autre…Et je reprenais mon régime avec culpabilité. J’ai alors compris que j’avais le droit de manger ce que je voulais mais à condition d’avoir faim et à doses raisonnables. Les fêtes sont arrivées et j’ai profité de tout, en gardant toujours de la place pour la suite, en prenant le temps de déguster et de savourer chaque bouchée. J’ai pu faire honneur à mon hôte tout en surveillant les doses qu’il me proposait. Inévitablement, j’ai quand même mangé plus que d’habitude, comme tout le monde. Mais le lendemain, j’ai tout simplement beaucoup moins mangé. Non pas par restriction mais parce que mon corps m'a réclamé moins et des plats plus légers. J’ai fait la paix avec moi-même. »

Rz 38Faire de son repas un moment de plaisir

Durant l’année, gardez en tête ce que vous mangez en une semaine. Pourquoi ne pas commencer à noter sur un calepin vos prises alimentaires ? Cela vous permettra peut-être d’avoir une prise de conscience sur vos habitudes.  Vous avez exagéré sur les féculents pendant trois jours ? Rectifiez le tir les jours suivants. Inutile de vous forcer à ingurgiter des légumes bouillis si cela ne vous plaît pas ! Cuisinez-les à votre goût pour les rendre plus savoureux.

Acceptez d’avoir des pensées telles que : « J’offre des féculents à mon corps. Je le respecte. Je lui donne de l’énergie. Je lui fais du bien parce que je sens qu’il en a besoin et que je n’en ai pas abusé toute la semaine» et non pas le refrain « Je vais grossir. Je me remplis de sucres lents à chaque bouchée ».

Si les fêtes vous poussent à faire des écarts, pas de panique ! Vous pouvez manger de tout si cela vous fait envie. Attention cependant à ne pas vous jeter sur tout ce qu’on vous propose. Dosez ce que vous picorerez à l’apéritif en piochant de-ci de-là ce qui vous fait envie. Et pensez à garder de la place pour les plats suivants. Mangez lentement et prêtez attention au goût.

Si on vous sert trop copieusement, ne vous forcez pas à tout finir. Questionnez votre estomac : « est-ce que je me sens barbouillé ? Est-ce que j’ai encore faim ? Suis-je arrivé à satiété ? »  Face aux remarques, pensez à rétorquer : « je garde de la place pour la suite ».

Dans l’optique où l’on vous servirait des légumes qui ne vous plaisent pas, pourquoi vous sentir obligé de les manger ? Beaucoup, s’ils ont devant les yeux des pommes de terre et des haricots verts, choisiront les haricots verts par précaution. Ils les associent à la phrase « c’est bon pour la santé » et ne toucheront pas aux pommes de terre. Erreur…Les haricots verts contiennent aussi des calories et ce n’est pas quelques chiffres de moins que les pommes de terre qui feront la différence.

Les fêtes sont faites pour en profiter. Si vous avez « trop » mangé, vous sentirez votre estomac vous prévenir. Vous aurez sans doute moins faim le lendemain et mangerez moins et différemment que la veille. Si le petit-déjeuner ne vous dit rien, sautez-le et mangez quand votre faim se fera sentir quitte à ce que ce soit en décalé. Ce n’est pas tous les jours la fête  et le rythme des repas se remettra en place par la suite.

Et le sport alors ?

 Je ne vous mitraillerai pas de « Mangez, bougez » mais vous rappelle qu’il est important de faire de l’exercice. Marchez. Montez les escaliers. Dansez. Et si vous restez assis toute la journée, pensez à vous lever de temps à temps pour vous dégourdir les jambes ou vous aérer. N’oubliez pas que votre corps est en vie : la nature l’a doté de moyens de motricité pour établir un équilibre entre ce qu’il accueille dans son estomac et ce qu’il dépense par l'effort. Pas besoin de devenir un athlète pour être en forme. Néanmoins, faire du bien à son corps, c’est se libérer l’esprit. Et être bien dans son corps, c’est avant tout être bien dans sa tête.

A vos crampons, à vos assiettes et bonnes fêtes !

 

M. D.

 

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NB : ces conseils ne sont en aucun cas des prescriptions médicales. Ils sont inspirés des Thérapies comportementales et cognitives. Toute personne ayant des problèmes de surpoids liés à une maladie ou à la prise de médicaments doit consulter un médecin.Toute personne ayant subi une intervention chirurgicale (by-pass gastrique...) ne peut suivre ces conseils.

 

 

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