conflit

Gérer le stress et les conflits

Lors d'une formation en gestion du stress et des conflits, une psychothérapeute a répondu à un ensemble de problématiques rencontré dans notre quotidien. Je vous livre quelques-unes de ses réponses.

 

« Je n’ai plus le temps de m’occuper de moi », vous répétez-vous souvent. Malgré cela, vous ne changez rien à votre quotidien. Vos exigences de vie vous poussent à vous conforter dans vos acquis, à vous noyer dans la routine. Le boulot, les enfants, la maison…Autant de préoccupations qui deviennent des obligations. « Aujourd’hui, on vit à cent à l’heure. On n’a plus le temps de rien. J’ai des responsabilités. Elles passent avant tout ». Et vous dans l’histoire ? Et vos besoins ? Qu’en avez-vous fait ?

«  M’occuper de moi en premier serait égoïste » dites-vous sans arrêt. Mais que faites-vous du respect de soi ?A force de ne pas écouter vos besoins et à vouloir faire plaisir aux autres, vous oubliez de prendre soin de quelqu’un : de vous. Or, vous ne pourrez donner que si vous apprenez à recevoir ce que vous êtes capable de vous donner à vous-même.

Rz 51L’affirmation de soi : cesser de vouloir refléter un idéal

V. témoigne : « Je me sens frustrée. Je voudrais avoir plus de temps pour avoir des loisirs mais lorsque je rentre à la maison, je suis fatiguée. Je n’ai plus d’énergie. Je n’ai plus envie de rien. Je me sens vidée. J’ai la sensation de me conformer à ce qu’on attend de moi : la mère, la ménagère, l’employée modèle, l’épouse…Je mets la barre haut car je veux faire de mon mieux. J’ai besoin de reconnaissance dans le regard de l’autre. Je joue donc mes différents rôles. Et dès que quelque chose ne semble pas à la hauteur de mes exigences, je culpabilise énormément. »

Il faut apprendre à s’affirmer, à ne pas tout accepter. A force d’anticiper les représentations des autres sur vous, vous ne vivez plus dans la réalité. Vous anticipez ce que l’autre peut penser, vous inventez des scénarios catastrophes. Vous ruminez en rêvassant. Cela se nomme l’auto-hypnose. Votre surmoi vous tourmente : « Mon train est en retard. Mon patron va m’en vouloir. Il va penser que je suis une tire-au-flanc ». Pourtant, vous êtes toujours très ponctuelle et lorsque vous arrivez au travail, votre chef vous rassure. Malgré cela, vous ne cessez de culpabiliser. Apprenez à lâcher-prise. Vous ne pouvez pas toujours tout contrôler. La perfection n’est pas de ce monde.

« J’ai fait une erreur. La personne en face de moi ne va plus me faire confiance ».

L’erreur est humaine. Si votre travail est généralement bien fait, alors ce n’est pas la fin du monde. Apprenez à vous faire confiance.

Transformez les schémas de modélisation préconstruits : cette petite voix dans votre tête qui vous rabaisse, vous culpabilise.

« J’ai une montagne de dossiers. Je ne vais pas réussir à tout boucler. »

Supprimez les phrases de négation et le vocabulaire qui fâche.Transformez les « mon patron va être mécontent » par « mon patron me respecte et me connaît. Il me fait confiance ».Transformez les « je ne vais pas m’énerver » en « je vais rester calme ». Cela s’appelle positiver.

Lorsque le conflit s’installe, ne gardez pas votre rancœur pour vous. N’agressez pas la personne en face de vous en commençant vos phrases par « TU agis mal. » Elle risque de se défendre et de se braquer. C’est VOUS que vous devez changer en vous affirmant et en disant les choses calmement par rapport à votre ressenti, quitte à prendre du recul avant de parler : « Je me sens mal à l’aise. Le comportement que tu as eu ne m’a pas plu... » La personne sera plus réceptive et prête à se remettre en question car vous visez une situation et pas sa personne. L’affirmation de soi engendre le respect et dévoile votre authenticité car vous osez exprimer vos sentiments avec diplomatie et sincérité. Exemple : lorsqu’un instituteur remet une copie à un élève. Il ne doit pas dire « TU es nul » mais « ta copie m’a déçu ». Attention, lorsque les conflits vont trop loin et que vous êtes victime de non-dits, le stress peut avoir des répercussions physiques.

38bLe rendez-vous avec son corps et avec soi

I. raconte : « J’ai une famille nombreuse. A chaque fois que je prends l’avion pour aller la voir au Maroc, j’offre des cadeaux à tout le monde et ce, même si je n’en ai pas vraiment les moyens. Je préfère me sacrifier pour leur faire plaisir. Je ne profite pas des vacances en me reposant car je ne sors pas comme je le voudrais. Je reste avec eux et suis leur programme.»

La psychothérapeute lui demande : « Vous souhaitez leur faire plaisir par obligation. Avez-vous peur qu’ils vous apprécient moins si vous arrivez les mains vides ?  Prenez-vous du plaisir à offrir ces cadeaux ? »

« Cela me fait plaisir de les voir contents mais c’est vrai que culturellement parlant, je ne me vois pas venir les mains vides. Ce serait égoïste. J’aurais peur qu’ils m’en veuillent. Acheter quelque chose à tout le monde me prend du temps, de l’énergie parce que je me creuse la tête en idées cadeaux. Et évidemment, ça coûte de l’argent. »

La psychothérapeute : « Vous êtes sous l’emprise d’un schéma culturel ce qui est tout à fait logique puisque l’on se construit par ce que l’on nous transmet. Pourquoi ne pas tout simplement expliquer vos soucis d’argent et instaurer de nouvelles règles ? L’amour n’est pas un chantage affectif. Cela ne remet pas votre générosité en question. Les gens doivent être capables de comprendre votre situation. Ceux qui se fâchent avec vous ne vous apprécient pas pour ce que vous êtes mais pour ce que vous apportez matériellement. Là est toute la différence. »

V. témoigne à son tour : « J’ai parfois l’impression de ne plus savoir qui je suis et d’être à des millénaires de ce que j’ai toujours voulu être. Je stresse dans la moindre situation. Mon corps est tendu. Je souffre terriblement du dos. Cela m’épuise. »

La psychothérapeute : «Comme pour poser un rendez-vous avec des amis ou avec un collègue dans votre agenda, prenez rendez-vous avec vous-même. Notez-le. Vous avez besoin de vous retrouver seule, d’écouter votre corps. Trouvez une occupation qui vous vide la tête, qui vous détend et qui vous fait du bien. Donnez naissance à vos projets.»

M. ajoute : « J’adore les activités artistiques. Je peins, j’écris. J’aime danser, chanter…Mais depuis pas mal d’années, lorsque je rentre chez moi, je m’affale sur le canapé devant la télé. Je ne suis plus que l’ombre de moi-même car lorsque je recommence la semaine, je n’ai pas l’impression d’avoir récupéré. J’ai vu ma famille, j’ai fait le ménage…Mais je ne me suis pas détendue. »

La psychothérapeute : «Inscrivez-vous à une activité ou programmez-vous un instant détente. Demandez-vous si voir votre famille ce jour-là vous fait plaisir. Si vous n’en avez pas envie, vous pourrez la voir à un autre moment. Sachez exprimer vos besoins et dire non. Lorsque vous retrouverez un peu de vous-même, vous serez plus sereine et les autres le ressentiront.»

 

Lire la suite

×