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Etes-vous intelligent(e) ?

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ou Le Quotient Emotionnel révélateur d’une autre forme d’intelligence

 

Pour mesurer votre intelligence, vous avez entendu parler et essayé de calculer votre Quotient Intellectuel dit QI. Mais saviez-vous qu’il ne s’agit en fait que d’une forme d’intelligence parmi tant d’autres ? Et si nous nous penchions davantage sur le Quotient Emotionnel (QE) encore bien méconnu ?

Une question à vous poser : « est-ce que je pense trop ? » Vous avez la sensation que votre cerveau ne vous laisse aucun répit face aux doutes, aux questions, au sens du détail ? Vous vous sentez en décalage avec le reste du monde ? Vous faites peut-être partie sans le savoir d’une catégorie de surdoués !

La prédominance du cerveau droit

Notre cerveau est composé de deux hémisphères qui ont besoin l’un de l’autre pour fonctionner.

L’hémisphère gauche est relié à l’analyse, à la logique, au rationnel, au linéaire, au verbal, aux nombres et à l’arithmétique. C’est le monde des sciences ou des entreprises. Le cerveau gauche est incompatible avec le traitement des états d’âme.  Il traite les problèmes point par point et de manière chronologique ce qui lui permet de rester concentré, de trouver des solutions uniques et convergentes.  Il permet la conscience de l’individualisme. Le langage est dit digital. 70 à 85% des gens développent davantage leur hémisphère gauche. Ils sont  « dans la norme ».  Les tests de QI qui sont censés révéler l’Intelligence avec un grand « i » sont basés sur les capacités du cerveau gauche et non du cerveau droit.

L’hémisphère droit, lui, est relié au cœur, aux cinq sens, à l’intuition, à l’instinct, à l’irrationnel, à une perception globale des choses. Le langage est dit analogique. C’est le monde des créatifs, de l’humour, des ambiguïtés, des métaphores, des jeux de mots, de l’altruisme. C’est la conscience d’appartenir à un groupe humain. Seuls 15 à 30% des gens développent plus leur cerveau droit que leur cerveau gauche. La prédominance du cerveau droit induit une autre forme d’intelligence et peut être calculée grâce au Quotient Emotionnel (QE). Mais ce n’est pas tout !

Les surdoués avec un bon Quotient Emotionnel

Pas besoin d’avoir été bon à l’école pour avoir un bon QE. La surdouance en termes de QE est reconnaissable à l’effervescence des cinq sens, à l’utilisation accrue du cerveau droit. La pensée est construite en arborescence. Une idée en appelle une autre et ainsi de suite. Le tout donne accès à une pluralité de solutions. Le cerveau mouline constamment et se nourrit d’idées qui fourmillent et qui se multiplient sans cesse, sans laisser de repos ce qui peut être fatigant et déroutant pour la personne concernée. Elle est bombardée d’informations, elle mémorise, anticipe, devine, se pose mille questions. A quoi reconnaît-on un « surefficient » mental (surdoué) ?

Une  hypersensibilité hors normes

Vous pensez être concerné(e) ? La sensibilité, l’émotivité et l’affectivité sont proportionnelles à l’intelligence. Votre sensibilité à votre environnement est accrue. Vos cinq sens sont constamment en effervescence et conditionnent votre bien-être. Vous êtes réceptif aux sons ou aux touchers. Un éclairage trop fort ou un décor trop coloré vous agressent. Le bruit vous incommode. Vous avez trop chaud ou trop froid. L’étiquette de votre col vous dérange. Les gens trop parfumés vous donnent la nausée. Vous laissez libre cours à vos émotions. Vous pleurez et savez vous révolter. Vous vous crispez dans certaines situations de stress. Vous êtes susceptible et les intentions des gens vous blessent. Vous vous sentez concerné(e) par tout et vous sentez coupable de passivité. Vous aimez le contrôle, avez du mal à faire des choix. Toute cette conscience accrue de l’environnement et de son impact sur soi vous rend anxieux, parfois colérique. Elle est accompagnée de changements d’humeur. Vous pouvez passer d’un sentiment de bonheur à un état de tristesse en un claquement de doigts. Ceci peut être confondu avec une dépression. La différence, c’est que même si vous passez d’un état d’euphorie à un coup de déprime brutal, vous restez hypervivant(e) et avide de bonheur. La cause ? Votre pensée est en arborescence. Au milieu d’une pensée positive, vous pouvez basculer vers des idées noires. Par exemple, si vous démarrez un nouveau job et que vous avez reçu un compliment de la part de votre chef, vous allez vous trouver dans un état positif. Mais si vos idées continuent leur route, elles peuvent vous amener à anticiper un projet qui doit vous être confié, à vous dire que vous ne serez pas à la hauteur. Là, vous imaginez la pire des catastrophes…Vous êtes une usine à questions et aux doutes entre passé, présent et futur. Votre pensée court vite et se démultiplie.

L’intelligent  qui s’ignore

Si un professionnel vous annonce que vous êtes surdoué(e), vous ne le croirez sûrement pas. Le surefficient mental doute de sa propre intelligence. Certaines situations d’échec l’en convainquent. Il peut avoir une réactivité basse, perdre ses moyens dans des situations simples et se sentir ridicule. Le stress augmentant l’acuité sensorielle, il peut être distrait facilement, avoir des absences, des difficultés à se concentrer. Toutes les situations sont bonnes à être intellectualisées et sont propices à la rêverie. Vous êtes là et ailleurs à la fois. Vous êtes capable de sauter du coq à l’âne ou de rêvasser longuement. Vous aimez la complexité et c’est elle qui vous rend performant(e).

Vous êtes exigeant(e) avec vous-même, vous remettez sans cesse en question et réfléchissez. Vous êtes quelqu’un de curieux, ouvert d’esprit, créatif, droit, juste, intègre et authentique.

Au niveau de la mémorisation, c’est votre cœur qui parle. Si vous jugez l’information intéressante, vous l’imprimez sinon vous l’oubliez.

 

Une hyperempathie à toute épreuve

Le surefficient mental subit une invasion émotionnelle. Il ressent l’état émotionnel des gens,  devine leurs pensées à leur gestuelle, à leur comportement, les comprend sincèrement et ne les juge pas. Pour être bien, il se préoccupe du bien-être des autres et est désintéressé. On l’apprécie pour sa qualité d’écoute. Mais une telle capacité peut devenir frustrante car il n’obtient pas toujours le même retour de la part d’autrui. La surcharge d’informations peut être vécue comme un envahissement.  Il ne comprend pas la méchanceté gratuite. Parfois, les situations le poussent à devenir méfiant et à se replier sur lui-même. Cela crée un malaise dans ses rapports sociaux. Il peut  même paraître froid.

Une intelligence tourmentée

Le surefficient mental a besoin d’affection, d’encouragements. Il a un ego faible et a besoin d’être rassuré. Il est sensible au jugement d’autrui.

Avec un mental aussi envahissant, apprendre à se canaliser est essentiel. Quelques conseils si vous vous reconnaissez :

  • Regardez-vous penser pour prendre du recul et relativiser sur certaines idées noires.
  • Vous détestez l’ennui. Nourrissez-vous de projets innovants.
  • Faites du sport et de la relaxation.
  • Renoncez à la perfection et validez vos réussites !
  • Valorisez votre image de vous-même.
  • Ayez un rythme d’apprentissage soutenu pour éviter de ruminer.
  • Exploitez votre créativité en ayant des activités artistiques.
  • Apprivoisez votre solitude.

 

Vous voulez en savoir plus ?  Disponible en librairie : Je pense trop, Christel Petitcollin, GuyTrédaniel éditeur.

 

M.D.

 

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